" Il viendra, je me disais en rejoignant les mains, il viendra car le Ciel est clément avec les petites filles, il écoute leurs prières, il sait les exaucer, je t'ai attendu longtemps et puis j'ai renoncé, je me suis dit allez, il est temps d'être grande, range tes jouets, tes souhaits de fillette, la vie n'est pas une dinette, il faut s'enraciner, avoir un fiancé, un bébé, une adresse, un patron, un tube de rouge à lèvre, un ticket de métro, un canapé, un cache-nez, une aigrette, l'air de tout, l'air de rien, la mine sévère, la mine polie, la mine fière, la mine sage, saute de tes nuages, ouvre grand les yeux, avance sans te plaindre, accomplis ton ouvrage. Alors pour oublier, quand j'avais tout bien rangé, quand ma tâche était faite, j'enfourchais mes chimères, partais retrouver cet homme fort et doux que je n'oubliais pas, il marchait près de moi, souvent je lui parlais, je me confiais à lui, je l'emmenais partout, il voulait tout connaître, il aimait les mots, les livres, les belles-lettres, il croyait à l'Amour, il ne le trompait pas, il savait être sombre, sauvage, m'inquiéter, me faire sauter des pages, il partait, revenait et me tendais les bras... Et puis tu as surgi ! mon amour incarné, peint en noir, en blanc, en chair mate et rosée. Tu as dit attend moi et tu es reparti. Aurais-je donc rêvée ? "
[ Katherine Pancol - Et monter lentement dans un immense amour... ]